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Boire comme en Provence

Alcools et culture alcoolisée de la Provence

Quand on pense à la Provence, on imagine la mer, le soleil, les vacances…mais aussi la pétanque (une institution) et l’apéro (en v’là une autre)! Il faut savoir que la tradition alcoolique est très ancienne dans cette région, et sous l’apparente simplicité de l’offre, se cachent des trésors. Comment boire comme en Provence ? On te présente les us et coutumes alcooliques de la région française de la Provence.

La Provence ne produit peut-être pas les plus grands crus, mais elle offre une surprenante variété de produits viticoles savoureux, frais et dont la qualité ne cesse d’augmenter. C’est l’occasion d’en essayer plusieurs, à commencer par les grands classiques provençaux.

J’ai donc consulté mon ami français Tristan (qui a terminé sa formation de l’ITHQ et qui refuse difficilement un verre) pour me guider dans la découverte de la région et ses coutumes alcoolisées.

En Provence, on boit quoi particulièrement ? : du vin rosé, du pastis et de la bière.
En Provence, on boit comment ? : les pieds dans l’eau, à l’ombre et avec une main libre pour lancer les boules de pétanque. En mangeant et à l’apéro en bonne compagnie.
En Provence, on trinque comment ? : « Santé » ou « À la tienne »

1. Le vin rosé

Les Provençaux, comme tous les Français, sont de bons vivants et, ô grande surprise, sont de grands amateurs de vin, particulièrement du rosé. La Provence est d’ailleurs le plus gros producteur de rosé au monde (+ de 40% de la production française, 5.7% de la production mondiale)

Pour ta culture :

Pour bien paraître et flatter l’égo des Provençaux, tu dois savoir que le vin existe en Provence depuis plus de 2000 ans. C’est donc l’une des plus anciennes régions viticoles de France. Il faut savoir que le vin rosé est en réalité fait avec des raisins rouges…qui font du jus blanc! Les premiers vins, et là on parle du 2e siècle avant J-C., étaient tous de couleur rosée (variant d’un rose foncé à un rose très pâle), car on ne maitrisait pas bien les techniques de vinification. Aujourd’hui par contre, l’obtention d’une belle couleur rosée est très volontaire et elle requiert tout un art que les Provençaux maitrisent à merveille.

 

Il y a 2 façons de faire du rosé en France – et en Europe, directive européenne oblige:

  1. Par pression: les raisins sont pressés directement après la récolte, puis on fait macérer le jus dans la cuve. Le faible temps de contact avec la peau du raisin aura suffi à colorer légèrement le jus, lui donnant une teinte rose pâle.
  2. Par saignée: on met les raisins dans la cuve et on commence la macération avec les peaux, comme pour le vin rouge. Au bout d’un moment, le viticulteur soutire une partie du jus. De fait, le jus reste plus longtemps au contact des peaux et se colore plus intensément.

 

TRISTAN TE SUGGÈRE:

Le Roseline: environ 14,80$
Un rosé provençal dans la plus pure tradition, bien fait, avec des saveurs intenses de fruits rouges, voire de petit bonbon. À boire bien frais avec des salades, des bouchées froides.

Le Pétale de rose: 20,60$
Comme son nom l’indique, un rosé délicat, subtil. Des arômes floraux en plus du fruit, aérien. On dirait presque un vin blanc. Un rosé gastronomique, idéal pour des accords mets-vin originaux comme des sushis, des plats de viande blanche.

Note : Tu as peut-être remarqué qu’il y a une différence de couleur entre les 2 vins. On a volontairement laissé le vin macérer un peu plus longtemps avec la peau des raisins rouges dans le Roseline pour qu’il soit plus foncé et que ça influence son goût.

2. La bière La Cagole

La bière la Cagole est une bière a vu le jour à Marseille en 2003. Son nom fait référence au terme régional « cagole », qui désigne de manière familière et péjorative une femme qui se fait remarquer par son attitude peu discrète, son langage vulgaire et tenue vestimentaire affriolante… Autrement dit, c’est une CHARRUE ! Elle ne se trouve pas au Québec malheureusement, mais c’est un must lors d’un passage à Marseille.

TRISTAN TE SUGGÈRE

La Cagole, une blonde de type Pilsner. C’est une bière très peu amère et légère avec un léger arôme de miel. Elle est parfaite pour un après-midi au soleil dans les Calanques. Tu trouveras La Cagole dans tous les bars de Marseille (et là, je parle de la bière, pas de la charrue…quoi que…).

 

À VISITER À MARSEILLE

En plein coeur du quartier du Panier se trouve le Bazar de César, lieu emblématique où la Cagole a été brassée pour la 1re fois (encore là, je parle de la bière et non pas de la charrue). Dans cette micro-brasserie/boutique, tu pourras trouver des produits dérivés et déguster la Cagole (sérieux, ça s’en vient déplacé…)

Bazar de César
4 Montée des Accoules, 13002 Marseille, France

 

3. Le pastis

Bon, je sais que le goût d’anis et de réglisse noir n’est pas le favori des Québécois. Peut-être que ça leur rappelle des vieux bonbons de grand-mère ou une brosse faite en catimini avec une bouteille de Sambuca volée à leurs parents !? Va savoir… Ceci dit, le goût du pastis est beaucoup plus doux et moins sucré que la Sambuca. Il mérite vraiment d’être apprivoisé.

Dans tous les cas, en Provence, le pastis fait fureur. C’est sans l’ombre d’un doute, qu’on peut affirmer que c’est leur boisson fétiche. Les Marseillais, l’appelle, « pastaga », « p’tit jaune » ou le « jaunard ».

TRISTAN TE SUGGÈRE

Le Prado – 16,70$ : C’est le plus doux et le moins cher. Il est parfait pour les novices qui veulent s’initier au pastis.

Le Ricard – 27,25$ : Le grand classique incontournable.

Le Henri Bardouin – 38,00$ : Pour les grands amateurs de pastis, le Henri Bardouin est plus raffiné et son goût plus recherché. Mais de grâce, mets pas du Coca Cola dans ton Henri Bardouin !

On le consomme à l’apéro, dilué avec de l’eau bien fraiche et surtout sans glaçons selon la recette traditionnelle.  Bon, ce point semble être un sujet de discorde entre mes amis français consultés. En effet, je me suis souvent fait servir le pastis avec des glaçons même en Provence. Alors, statuons pour « glaçons au goût ».

Les recettes traditionnelles de pastis:

La version traditionnelle: Une part de pastis pour 7 parts d’eau froide. Les verres traditionnels de pastis indiquent habituellement d’une ligne la quantité de pastis requise pour le verre.
La piscine : Une version plus diluée de la version traditionnelle, donc facilement un 9-10 parts d’eau pour une part de pastis.
Le flanc: Une version plus forte que la version traditionnelle, on parle alors de 3 ou 4 parts d’eau pour une part de pastis.

Les variantes du pastis :

Une « tomate » : 1 part de pastis, 7 parts d’eau et 1 part de sirop de grenadine
Un « perroquet » : 1 part de pastis, 7 parts d’eau et 1 part de sirop de menthe.
Une « Mauresque » :1 part de pastis, 7 parts d’eau et 1 part de sirop d’orgeat (sirop d’amande)

Nos recherches nous ont aussi fait découvrir ces variantes…très discutables et peu buvables personnellement :
Le « lama hurlant »: 1 part de pastis, 7 parts d’eau, 1 part de limoncello et quelques gouttes de Tabasco
Le « mazout » : 1 part de pastis, 7 parts d’eau et 1 part de Coca-Cola

Nous avons testé toutes ces variantes, visionne le vidéo 👆🏻.

À LA TIENNE !

Crédit photo couverture : Marie-Hélène Brault

Article réalisé en collaboration avec le fin connaisseur Tristan Oertli.


Convaincue que le voyage est d'abord et avant tout un état d'esprit, elle observe, goûte, photographie, écoute et explore en permanence dans le "beat" d'une voyageuse. Que ce soit dans sa ville natale, Montréal, ou partout ailleurs au monde, elle recherche les beautés d'ici et d'ailleurs.

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